Lorsqu'on vit une agression à caractère sexuel, on voudrait pouvoir tout oublier et passer à autre chose. Malheureusement, le silence n'est pas d'un grand secours dans ces situations et les blessures vécues par la personne ne se guérissent pas toutes seules. On peut espérer oublier tout ce qui s'est passé en enfouissant nos souvenirs au fond de notre mémoire. On peut aussi essayer de calmer la douleur par différents moyens, par exemple en consommant de la drogue ou de l'alcool, en essayant de s'étourdir en sortant très souvent, on peut essayer d'éviter les cauchemars en dormant le moins possible, etc. Malgré tous nos efforts, bien souvent nos souvenirs nous rattrapent et on a le sentiment de se retrouver à la case de départ, même plusieurs années après. En parler, c'est se libérer d'un poids, c'est faire sortir ces souvenirs et ces émotions hors de soi, c'est se débarrasser de la honte, de la culpabilité et de la peur qui ne devraient pas t'appartenir.
Si tu as vécu une agression à caractère sexuel, il ne faut pas hésiter à en parler. Tu as le droit de choisir le moment et la personne à qui tu veux te confier. Il n'y a pas de meilleure façon de faire, ni de meilleure personne à qui en parler. L'important c'est que tu te tournes vers une personne en qui tu as confiance. L'idée n'est pas de rendre public l'événement si tu ne le souhaites pas, mais plutôt de te permettre de faire sortir le trop-plein et d'obtenir de l'écoute et du soutien.
Tes parents sont probablement les premières personnes à qui tu devrais parler. Ce peut être différent si l'agresseur est un membre de la famille ou si tu ne t'entends pas bien avec tes parents. Si tu penses que ton père ou ta mère, ou les deux vont croire ce que tu leur dis et vont t'aider, parle-leur. Si tu n'es pas sûre qu'ils vont te croire ou si tu as peur de leur réaction, parle à une autre personne en qui tu as confiance. Tes parents vont finir par apprendre ce qui s'est passé, mais il est parfois plus facile de le raconter tout d'abord à quelqu'un qui n'est pas de la famille. Il peut s'agir d'une voisine, d'un professeur, de ton entraîneur sportif, d'un conseiller ou d'un autre adulte en qui tu as confiance. L'important c’est que tu trouves l'aide dont tu as besoin. Le CALACS de l'Ouest-de-l'Île est aussi là pour t'aider. Nous offrons de l'information et de l'aide aux femmes de 14 ans et plus. Tu peux nous appeler pour des informations ou pour des coordonnées de ressources qui peuvent t'aider. Nous pouvons aussi te rencontrer ici au centre pour t'écouter et t'aider dans tes démarches.
Tu es peut-être effrayée de parler, mais rappelle-toi que lorsque tu auras dit ton secret à quelqu'un, tu ne seras plus seule, tu te sentiras à nouveau en sécurité et tu recevras l'aide dont tu as besoin. Une fois que tu auras parlé, tu n'auras plus jamais à supporter ce secret.
Adaptation de :
· Vancouver Incest and Sexual Abuse Centre (VISAC) (1994). Les adolescentes victimes de violence sexuelle. Guide à l'intention des adolescents. Dépliant.
· Véronique Billette et Michèle Modin (2002) . Prévenir les agressions à caractère sexuel. Volet I – Guide d'animation . Montréal : Éditions Saint- Martin. 127 pages.
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